BRICOLAGE
"Le bricolage est la stratégie organisatrice d'un nouvel objet par détournement d'anciens objets ou éléments de leur finalité ou fonction".
(E. Morin, La Méthode, T. 2.La vie de la vie, Paris, Seuil, 1980, p. 231).
On peut lui concevoir plusieurs sens dont celui formulé dans la définition susmentionnée, c'est-à-dire, d'une aptitude intelligente qui consiste à "Détourner un objet, un instrument, une idée, une institution, etc., de leur système de référence et de leur finalité propre, pour les intégrer dans un système nouveau et leur donner une finalité nouvelle".
(E. Morin, La Méthode, Tome 3. La connaissance de la connaissance, 1, p. 180)
Un autre sens, comme une qualité intelligente consistant à l'aptitude à "Transformer un assemblage d'éléments pour le doter de propriétés et finalités nouvelles". (Ibidem).
Bricolage, art, stratégie, intelligence sont des notions intercommunicantes.
L'organisation vivante est un synchrétisme variable de quatre logiques organisationnelles liées, s'appelant l'une l'autre, se combattant l'une l'autre : une logique centralisatrice / hiérarchique ; une logique polycentrique / polyarchique ; une logique anarchique ; une écologique à la fois excentrique et présente à l'intérieur de toute auto-organisation. Toutes ces logiques sont complémentaires et synergiques. Elles sont concurrentes, et de cette concurrence se dégagent des effets sélectifs du bricolage, qui, selon les circonstances, favorisent la prédominance de l'une d'elles. Elles sont antagonistes, et c'est de cet antagonisme que se dégagent les effets de suractivation, de réactivation de chacune. C'est dire qu' "Il n'y a pas une logique organisationnelle simple de la vie. Il y a au contraire polylogique, c'est-à-dire grand bricolage".
(E. Morin, La Méthode, Tome 2. La vie de la vie, p. 323).
François Jacob met à nu les mécanismes qui gouvernent l'évolution du vivant dans une réflexion très géniale sur la science.