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ÉPISTEMOLOGIE   COMPLEXE  (Cf. complexité)

 

L'épistémologie complexe combat avant tout la tendance à vouloir transformer la nécessaire décomposition analytique en décomposition des êtres et des choses dans une atomisation généralisée ; A faire de l'isolement méthodologique de l'objet un prétexte pour disjoindre et rendre incommunicable ce qui est séparé ; la parcellarisation absurde induite de la spécialisation fonctionnelle ; l'hétérogénérisation du savoir qui débouche sur une dislocation de la connaissance en mille savoirs ignares.

 

La connaissance de la connaissance : " S'il existe une méthode de contrôle des objets de la science, il n'y a pas de méthode scientifique pour considérer la science comme objet de science ou le scientifique comme sujet de cet objet ".  (M.I., p.14). 

 

De même qu' " Il y a des tribunaux épistémologiques qui, a posteriori et de l'extérieur, prétendent juger et jauger les théories scientifiques ; il y a de tribunaux philosophiques où la science est condamnée par défaut. Il n'y y a pas de science de la science ". (Ibid., p. 14).

 

" La science est incapable de se concevoir comme praxis sociale, elle n'est pas capable de concevoir et de contrôler son pouvoir de manipulation et sa manipulation par les pouvoirs.

Les scientifiques ne sont pas capables de concevoir le lien entre la recherche <<désintéressée>> et la recherche de l'intérêt, incapables d'examiner en termes scientifiques la relation entre savoir et pouvoir. Cela conduit inévitablement à la question fondamentale des carences de la science dues au fait que la science n'a pas encore cette conscience qu'il lui faut. (...) La conscience qui manque ici n'est pas la conscience morale, c'est la conscience tout court, c'est-à-dire l'aptitude à se concevoir soi-même ".  (Ibid., p.14).

 

Il est vrai que " Toute connaissance, même la plus physique, subit une détermination sociologique. Il y a dans toute science, même la plus physique, une dimension anthropo-sociale. La réalité anthropo-sociale se projette et s'inscrit au cœur même de la science physique ".

(M.I., p.10).

 

Et pourtant, " Nulle science naturelle n'a voulu connaître son origine culturelle. Nulle science physique n'a voulu reconnaître sa nature humaine. La grande coupure entre les sciences de la nature et les sciences de l'homme occulte à la fois la réalité physique des secondes, la réalité sociale des premières ". (M.I., p.10).

 

Conclusion : L'individu, la société, l'espèce, la vie, la physis ne peuvent se concevoir dans une chaîne d'exclusion.

 

" La connaissance ne se fondera jamais sur l'exclusion du connaissant, la pensée jamais sur l'exclusion du penseur/pensant, le sujet jamais ne sera exclu de la construction de l'objet ".

(M.I., p. 15).

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