HOLOGRAMME (principe hologrammatique)
L'hologramme est une image physique, conçue par Gabor, qui, à la différence des images photographiques et filmiques ordinaires, est projetée dans l'espace sur trois dimensions et produit un sentiment étonnant de relief et de couleur. L'objet hologrammé se trouve donc restitué, dans son image, avec une fidélité remarquable.
Cet hologramme est constitué à partir d'une lumière cohérente (laser) et d'un dispositif qui fait que chaque point constituant cette image contient un échantillon du système de franges d'interférences émis par les points de l'objet hologramme.
(E. Morin, La Méthode, Tome 3, La connaissance de la connaissance, Paris, Seuil, 1986, p 101).
L'hologramme est ainsi une métaphore qu'emploie Edgar Morin pour penser la complexité de la relation du tout (système) aux parties et dont la formulation structurelle, stipule que
" L'image holographique est constituée de points (les parties) qui sont chacun, en même temps qu'un fragment singulier d'un tout, le porteur de l'information quasi totale de l'objet que représente l'hologramme ".
(Françoise Bianchi, " Lecture hologrammatique de l'œuvre d'Edgar Morin ", in Arguments pour une méthode (colloque de Cerisy, autour d'Edgar Morin), Paris, Seuil, 1990, p 11 ).
L'homme représente un hologramme, en ce sens qu'il porte en lui la culture, le langage, les règles sociales, bref, toutes les valeurs sécrétées par la société.
Ainsi, on voit dans les travaux de Pribram (qui a formulé le paradigme holographique), puis de Pinson et Favre, un principe qui s'inspire de l'hologramme physique, où chaque point singulier de l'image entière contient à peu près toute l'information de l'objet représenté.
Le principe hologrammatique morinien peut s'exprimer ainsi : " Non seulement la partie est dans le tout, mais aussi le tout en tant que tout se trouve dans la partie. Ainsi, chaque cellule singulière d'un organisme polycellulaire, comme le nôtre, contient en elle la totalité de l'information génétique de l'organisme. Dans chaque individu d'une société, la société en tant que tout est présente dans l'individu (par son langage, sa culture, ses normes et prohibitions fondamentales ".
(E. Morin, Arguments pour une Méthode ..., p 266 ).
Une fois intériorisé, ce principe peut changer toute notre vision du monde et modifier nos rapports, nos comportements sociaux jusqu'à nos atavismes les plus stéréotypés.
Le monde est présent en nous non seulement dans ses cycles, mais aussi dans notre organisation. Ainsi, les cycles géophysiques marquent de l'intérieur l'organisation biologique des individus, des espèces, des écosystèmes qui, selon l'alternance nuit / jour, synchronisent repos / activité, sommeil / veille, et épousent les saisons dans leurs cycles de germinations, éclosions, fécondations, hibernations, morts... Ainsi, le système vivant n'est pas seulement à l'intérieur de l'environnement, de l'écosystème, mais l'écosystème est aussi présent dans le système vivant. Nous intégrons en nous l'idée physique de machine. Nos atomes, molécules ont été formé dans les soleils, les galaxies et les océans primordiaux. Nous ne sommes pas un rameau détaché du monde, nous sommes " Le monde ", puisque le monde est en nous, à travers ses constituants principaux (atomes, particules, molécules, etc.).