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PARADIGME

 

Un paradigme est une construction théorique (ou un schéma conceptuel ) qui oriente le discours, la recherche ou la vision du monde d'une époque ou d'une société dans tel ou tel sens.

 

Ou encore l'ensemble de principes d'association / exclusion fondamentaux qui commandent toute pensée, toute théorie, toute vision du monde.

(Cf.  E. Morin, Science avec conscience, Paris, Fayard, 1982, nlle édition, Seuil, nlle édition, Seuil, 1990, p26 ).

 

Un paradigme suggère l'idée de concept souverain, de jonction de types de relations logiques très fortes. Le paradigme approche le problème des principes premiers dans les discours, les théories ou les systèmes de pensée. Ces principes premiers peuvent entretenir des rapports d'opposition, de distinction ou d'association (relation ). Par exemple, la pensée occidentale a été pendant longtemps gouverné par le paradigme de séparation du monde de l'objet de celui du sujet

(Cf. Descartes ).

 

Le monde de l'objet est sous-tendu par l'exigence de rigueur, de logique, du calcul, tandis que le monde du sujet est gouverné par les sentiments, les émotions, l'affectivité, etc.

Ces principes sont généralement " Supra-logiques ", implicites ou occultes. Ce sont pourtant ces principes qui gouvernent notre vision des choses et du monde sans que nous en ayons pleinement conscience. On peut aussi considérer un paradigme comme "un type de relation logique (inclusion, conjonction, disjonction, exclusion ) entre un certain nombre de notions ou catégories maîtresses ".

(E. Morin, Introduction à la pensée complexe, p. 147).

 

Le paradigme est constitué d'un certain nombre de concepts souverains reliés entre eux par des types de liaisons. En tant que principe organisateur de la pensée, le paradigme est toujours présent à l'esprit pour expliquer les phénomènes. Voilà pourquoi  une des conditions d'existence du paradigme est son enracinement dans les esprits, dans la société et/ou la culture.

 

Un exemple de paradigme est le «paradigme de simplification ».

Le philosophe américain Thomas S. Kuhn est considéré comme le grand théoricien de la notion de paradigme. Kuhn cherche, à partir d'une étude sur les révolutions dites «classiques », de la physique et de la chimie, les principales caractéristiques ou les critères d'une révolution scientifique. " D'après Kuhn, une révolution scientifique se définit par l'apparition de schémas conceptuels nouveaux, de «paradigmes ». Des aspects qui passaient inaperçus auparavant ou même qui étaient supprimés par la science «normale », c'est-à-dire celle acceptée et pratiquée par tous à l'époque est mise en avant '.

(L. Von Bertalanffy, op.cit., p.16).

 

La connaissance scientifique fonctionne donc par paradigmes, et le développement de la science s'effectue non par accumulation des connaissances, mais par transformation des principes organisant la connaissance ou des paradigmes.

 

Ainsi, chaque fois qu'un paradigme naît, il s'opère un " Changement des problèmes envisagés et étudiés ". (Ibidem ), accompagné d'un " Changement des règles de la pratique scientifique, comparables à la modification des formes perceptuelles de l'expérience psychologique ; Quand par exemple la même personne peut être vu sous deux faces (...). Il y a profusion et compétition des théories, chacune étant limitée par le nombre des problèmes qu'elle englobe et l'élégance de leur solution ". (Ibidem ).

 

Une révolution scientifique intervient quand un paradigme cède la place à un nouveau paradigme. L'émergence d'un nouveau paradigme constitue la rupture d'une vision du monde. Par exemple, la permutation entre la Terre et le soleil renverse toute notre vision du monde. Le passage de l'Univers newtonien à l'Univers einsteinien constitue la rupture d'une vision du monde, donc l'émergence d'une nouvelle vision du monde.

 

Le philosophe Imre Lakatos a introduit l'idée de noyau dur, qui est assez proche de celle de paradigme de Kuhn, " C'est-à-dire que, au noyau de l'activité scientifique, il y a quelque chose qui n'est pas scientifique mais, dont paradoxalement, le développement scientifique dépend. Alors, théorie, themata, programme de recherche, paradigme, etc., voici des notions qui introduisent dans la scientificité des éléments apparemment impurs, mais. nécessaires à son fonctionnement ".

(E. Morin, Science avec conscience, Paris, Fayard, 1982, nlle édition, 1990, p45 ).

 

Notons qu'un paradigme peut avoir deux effets possibles: Il peut être élucidant, c'est-à-dire à la base d'une nouvelle orientation de la pensée, auquel cas il contribuera à la résolution des problèmes. Mais il peut aussi avoir un effet aveuglant, notamment lorsqu'il se présente sous forme de schémas conceptuels acceptés en bloc (science normale).

 

Aussi, Jacques Monod considère les paradigmes comme des existants, c'est-à-dire des sécrétions noologiques qui peuvent nous posséder et nous manipuler. Dans ce cas, la " Crise ", entraînée par l'inconvenance ou l'inadéquation des anciens paradigmes face aux problèmes du moment ne fera que s'aggraver jusqu'à des proportions inconnues.

 

Dès lors, il est nécessaire d'avoir une gamme importante de théories ou de modèles compétitifs et de créer un bon cadre de confrontation/compétition, ceci, afin de dégager les modèles les plus explicatifs, c'est-à-dire ayant un grand pouvoir prévisionnel.

 

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